Les forêts, entre héritage et réinvention
La mosaïque forestière du Quercy Bouriane
Ici, la forêt n’est pas qu’un décor : c’est une présence intime, charnelle. Châtaigniers centenaires, futaies de chêne pubescent, pinèdes discontinues mais aussi bosquets de genévriers et clairières laissées en friche par la main de l’homme. Le Lot affiche un taux moyen de boisement de 37 %, au-dessus de la moyenne nationale (source : IGN, 2021).
Mais l’histoire forestière est mouvementée : exploitation excessive dans les années 1960-70 (le châtaignier partait alors en caissettes vers Bordeaux), déprise agricole laissant place aux jeunes bois spontanés, et aujourd’hui, montée des risques climatiques (tempêtes, incendies, dépérissement).
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À goûter : Un peu de miel de bourdaine, à la saveur subtile, butiné dans les sous-bois du Vers.
Le défi de la gestion durable : exemples et innovations
Au fil des années, des programmes innovants se sont dessinés, souvent portés par des collectifs mêlant forestiers privés, élus locaux et associations naturalistes. Le Plan de Développement de la Forêt Communale (PDFC) concerne aujourd’hui 35 communes lotoises : il combine inventaire précis des peuplements, choix d’essences adaptées, renouvellement des plantations après les sécheresses de 2003 et 2017, et maintien de couloirs écologiques pour la faune.
Depuis 2019, le Contrat Forêt Boisée Durable, financé par la Région et l’Europe (FEADER), accompagne la filière bois locale vers plus de résilience :
- Gestion en futaie irrégulière, limitant les coupes rases,
- Favorisation d’essences locales comme le chêne sessile,
- Création de micro-habitats (tas de bois morts, mares temporaires pour batraciens),
- Sensibilisation des propriétaires privés (plus de 70 % du foncier forestier dans le Lot : source CNPF, 2022).
À Gindou, l’expérimentation d’îlots de sénescence laisse volontairement vieillir quelques parcelles, pour étudier la biodiversité et la séquestration de carbone. Les premiers suivis montrent une multiplication par 2,5 de la diversité des lichens et une augmentation notable de la faune saproxylique (insectes du bois mort).
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À voir : Le sentier d’interprétation de la forêt communale de Milhac, ponctué de panneaux sur la vie cachée sous les écorces.